Pendant longtemps, le cancer du poumon a été presque systématiquement associé au tabagisme. Pourtant, cette maladie peut également concerner des personnes qui n’ont jamais fumé, y compris des femmes sans antécédent tabagique.
Cette réalité rappelle une chose essentielle : le tabac constitue le principal facteur de risque, mais il n’est pas le seul. Pollution atmosphérique, radon, tabagisme passif, expositions professionnelles et certains facteurs génétiques peuvent également intervenir.
Quand le cancer du poumon ne concerne pas uniquement les fumeurs
Chez les personnes n’ayant jamais fumé, le cancer du poumon présente parfois des caractéristiques biologiques différentes. L’adénocarcinome est notamment une forme fréquemment observée dans cette population.
Certaines tumeurs peuvent également présenter des mutations génétiques particulières. Leur identification est importante, car elle peut permettre aux médecins de proposer des traitements ciblés lorsque ceux-ci sont adaptés au profil de la tumeur.
Mais pourquoi une personne qui n’a jamais fumé peut-elle développer un cancer du poumon ?
Plusieurs facteurs peuvent être impliqués.
La pollution de l’air : un risque difficile à voir
La pollution atmosphérique constitue un facteur reconnu de risque de cancer du poumon. Les particules fines, notamment les PM2,5, sont suffisamment petites pour pénétrer profondément dans les voies respiratoires.
Une exposition prolongée peut favoriser une inflammation et des dommages cellulaires. Le problème est d’autant plus insidieux que ces particules sont souvent invisibles et que leur présence ne provoque pas nécessairement de symptômes immédiats.
Et la pollution ne se trouve pas uniquement à l’extérieur.
L’air intérieur mérite aussi notre attention
Nous passons une grande partie de notre journée à l’intérieur de notre logement. Or certaines activités domestiques peuvent dégrader la qualité de l’air.
La cuisson, notamment avec une mauvaise ventilation, certains appareils de chauffage, la fumée de tabac ou encore la combustion de différents produits peuvent augmenter la présence de particules et de substances irritantes.
Une mesure simple consiste donc à aérer régulièrement son logement, particulièrement pendant et après les activités qui produisent de la fumée ou des particules.
Le radon : un danger naturel souvent méconnu
Le radon est un gaz radioactif naturellement présent dans le sol. Il peut pénétrer dans les bâtiments et s’y accumuler, notamment dans les espaces situés au niveau du sol ou en sous-sol.
À long terme, une exposition importante au radon augmente le risque de cancer du poumon. Ce risque est particulièrement préoccupant lorsqu’il est associé au tabagisme.
La concentration de radon varie fortement d'une région et d'un logement à l'autre. Dans les zones concernées, il est possible de mesurer sa concentration à l’aide de dispositifs spécifiques et, lorsque cela est nécessaire, de mettre en place des mesures permettant de réduire son accumulation.
Le tabagisme passif n’est pas anodin
Ne pas fumer soi-même ne signifie pas nécessairement ne jamais être exposé à la fumée de tabac.
Vivre ou travailler régulièrement dans un environnement où d’autres personnes fument peut entraîner l’inhalation de nombreuses substances toxiques présentes dans la fumée.
Cette exposition passive est elle aussi associée à une augmentation du risque de cancer du poumon.
Certaines professions exposent davantage les poumons
Au cours de leur vie professionnelle, certaines personnes peuvent être exposées à des substances susceptibles d'endommager les poumons.
L’amiante est l’un des exemples les plus connus. D’autres poussières, fibres ou produits chimiques peuvent également représenter un risque selon le métier et la durée d’exposition.
C’est pourquoi les antécédents professionnels constituent une information importante lorsqu’un médecin évalue la santé respiratoire d’un patient.
La génétique peut également jouer un rôle
Les facteurs environnementaux ne sont pas les seuls éléments à prendre en compte.
Certaines tumeurs pulmonaires présentent des anomalies génétiques particulières qui peuvent apparaître dans les cellules tumorales sans nécessairement être héritées des parents.
Dans certaines familles, la présence de plusieurs cas de cancer du poumon chez des personnes n’ayant jamais fumé peut toutefois attirer l’attention sur une éventuelle prédisposition familiale.
Cela ne signifie pas qu’une personne ayant un proche atteint développera forcément la maladie. Il s’agit simplement d’un élément qui peut être pertinent à signaler au médecin.